Pierre de lune

Auteur : Wilkie Collins
Titre original : The Moonstone
1ère édition : 1868
Ma note :

Résumé :
Ami et rival de Dickens, Wilkie Collins invente avec Pierre de lune le premier récit policier moderne, et donne au roman une nouvelle mission : dire et montrer ce qu’il est de bon ton de taire et de cacher. Borges, T. S. Eliot, Charles Palliser aujourd’hui, considèrent ce livre comme l’un des sommets absolus du genre. Il n’est évidemment pas question de résumer ici ce roman gouverné de bout en bout par la peur, oeuvre ” hitchcockienne ” avant la lettre, qui réussit cet inquiétant tour de force : une fois le livre refermé (après quelques nuits blanches), chaque lecteur possède, ou croit posséder, son interprétation du mystère. Du très grand art. Précisons que la présente édition de Pierre de lune est la seule en français à n’avoir été ni censurée ni abrégée.

Mon avis :
Je suis raide d’admiration pour Wilkie Collins, la chose est définitive. Déjà émerveillée par La dame en blanc, je suis ici subjuguée par tant de virtuosité. Moi qui ne raffole pas du genre désuet des “whodunnit“, mais qui suis plutôt attirée par les thrillers/polars et autres intrigues glauques et noires, me voici conquise. L’histoire est simple, un diamant hors norme est légué à une jeune fille pour son anniversaire. La nuit même, il disparait. L’histoire sera racontée par plusieurs protagonistes, à qui l’on demande de mettre par écrit leur souvenirs précédant et suivant le vol, le plus précisément possible. La plus grande partie du livre est donc relatée par l’intendant de la famille de la jeune fille, Gabriel Betteredge, un vieil homme attachant malgré sa servilité inébranlable envers ses maîtres. On ne peut que se sentir consterné devant un tel dévouement qui confine à l’aveuglement et la bêtise. Le personnage de Betteredge est fidèle, honnête et parfaitement dévoué et digne de confiance, mais sa soumission absolue illustre bien les relations maître-serviteurs de l’époque. Il retrace point par point les événements dont il a été témoin au moment de la disparition du diamant. Une fois son récit achevé, une cousine célibataire apporte son témoignage. Son personnage est lui absolument détestable. Parente pauvre et vieille fille, c’est une bigote obsessionnelle, son unique but est de convertir et purifier l’âme de son prochain. Son récit apporte donc un autre point de vue l’affaire, et de nouvelles informations. Le reste du livre est raconté par plusieurs autres personnages qui eux aussi complètent l’histoire de leurs connaissances des faits. Le personnage d’Ezra Jennings, qui apparait tardivement dans l’affaire, aura un rôle crucial lors du dénouement. Je n’essaierai pas de faire la liste de tous les personnages importants du roman, il y en a trop ! Chaque intervenant a son importance, ce sont tous des portraits parfaitement brossés et passionnants. L’intrigue est particulièrement tortueuse, les renversements de situation omniprésents, le tout mené avec un suspens redoutable. Il m’a été difficile de décrocher de cette lecture, comme pour La dame en blanc, il s’agit d’un relatif pavé, que j’ai dévoré en peu de temps (3 jours !). Un régal, une merveille ! Dans ma PAL m’attendent encore quatre romans de Collins, je crois que je suis accro..oO

Quelques liens sur Wilkie Collins

De grandes espérances

Auteur: Charles Dickens
Titre original : Great expectations
1ère édition : 1861
Ma note :

Résumé :
Orphelin, le jeune Pip est élevé par une sœur violente et un beau-frère aimant et tendre. Destiné à devenir forgeron comme lui, il nous raconte quelques aventures de son enfance, comment il aida un forçat évadé, sa rencontre avec l’excentrique miss Havisham et sa fille adoptive Estella. son destin sera bouleversé par un mystérieux bienfaiteur décidé à faire de lui un gentleman. Sa nouvelle condition le conduira à Londres, où il mènera une vie dépensière, le cœur rempli de grandes espérances nourries par sa fortune inespérée.

Mon avis :
C’est à chaque fois une véritable délectation que la lecture d’un Dickens, mais là, ce roman dépasse mes espérances. Pip nous raconte sa vie depuis environ l’âge de sept ans, alors qu’il tombe sur un forçat évadé qui le pousse par intimidation à l’aider à trouver des vivres. Terrifié, Pip s’exécute, non sans passer par différents états psychologiques, le peur, la culpabilité, la soumission. On le découvre dans un environnement peu propice au bonheur. Sa sœur, qui se vante de l’élever “à la main” ne lui manifeste aucune tendresse. Le mari de sa sœur, Joe, forgeron de son état, lui apporte soutien, amitié et affection, mais n’est pas plus apte à se défendre que lui. Amené à rencontrer la curieuse miss Havisham et sa troublante fille adoptive, Pip sera vite fasciné par cette dernière, d’une beauté et d’une froideur égales. Ouvertement méprisé par Estella, il nourrira néanmoins pour elle un amour solide, sincère et durable. Le roman se scinde en deux principales parties. La seconde débute alors que Pip apprend d’un homme de loi qu’un mystérieux bienfaiteur souhaite le voir installé à Londres afin de parfaire son éducation et devenir un gentleman. Pip commence alors à nourrir de grandes espérances. Le jeune homme, une fois sorti de l’environnement de son enfance et de la pauvreté, verra son bien-aimé Joe d’un autre œil, toujours aimant, mais un peu honteux de son ignorance et de son manque d’éducation. Pip, déjà plus instruit que le forgeron, aura conscience de cet écart, et cette prise de conscience éveillera en lui un fort sentiment de culpabilité. Désormais libre, il se lie d’amitié avec le fils de son répétiteur, devient dépensier, s’offre un valet à qui il a du mal à trouver des occupations. Ignorant toujours l’identité de son bienfaiteur, ce qu’il sait et croit savoir alimente doublement ses espérances. Son amour pour Estella est toujours aussi fort, et bien qu’il ait conscience de l’absence de la jeune fille à son égard, il espère encore.

Dickens excelle dans la peinture de l’Angleterre du XIXème siècle. La misère, l’hypocrisie, la petitesse d’esprit des pauvres comme des nantis ne lui échappent pas. Lui-même issu d’une famille plus que modeste et ayant connu la misère avant d’accéder à la notoriété et l’aisance, tous les rangs sociaux lui sont familiers. Qu’ils soient principaux ou secondaires, tous les personnages sont fouillés, hauts en couleurs, nuancés. Il n’y a ni bon ni méchants, chaque protagoniste réserve des surprises, soit par son destin, sa psychologie, son comportement. Même le jeune Pip, que nous suivons sur plusieurs années, n’est pas dépourvu de “mauvais” sentiments. Comme lui, au fil de la lecture, nous avons quelques espérances le concernant, et son destin réserve bien des surprises et des rebondissements.

L’humour est aussi omniprésent chez Dickens. Certains personnages brillent par leur grotesque, d’autres par leur dignité sincère, d’autres encore par leur excentricité, ou même leur dualité. Le tout arrosé d’un humour à toute épreuve. La relation entre Pip et Joe est bouleversante, leur attachement réciproque est exemplaire. Les personnages de Dickens sont tous fascinants, les relations entre eux superbement dépeintes. L’aventure est aussi au rendez-vous. Forçats évadés, trahison, jeune orphelin au destin chaotique, une vieille riche proche de la sorcière, une beauté au cœur de glace, tout contribue à faire de ce roman un pur bonheur, un livre DÉVORABLE d’un bout à l’autre, grâce au style jubilatoire de Dickens, de sa parfaite connaissance de l’époque, des milieux sociaux, de la nature humaine. Un régal !!!

Contes de la bécasse

Auteur: Guy de Maupassant
1ère édition : 1883
Ma note :

4ème de couverture :
Le Maupassant des grands jours, des histoires assez lestes qui, dans la veine de Boule de suif, évoquent des paysans trousseurs de filles, de plantureuses noces normandes, des quincailliers de province que le démon de midi pousse à d’infructueuses tentatives de viol dans des compartiments de chemin de fer. Mais aussi ” La Peur “, ” La Folle “, le Maupassant qui en quelques pages touche le fond du coeur humain dans ce qu’il a de plus pitoyable ou cruel. Il n’est guère de portraits de la haine comparables à celui qui dans ” Saint-Antoine ” oppose un soldat allemand et un fermier du pays de Caux, et ” la Rempailleuse ” est peut-être la plus belle histoire d’amour que Maupassant ait jamais écrite.

Mon avis :
En dix-sept contes Maupassant nous dresse un portrait de son époque. Une étude sur les hommes, les femmes, les pauvre, les riches, et les relations entre tout ce petit monde. Certains contes sont cruels, d’autres émouvants, drôles ou poétiques.

Le tout dans une Normandie plus vraie que nature, racontée dans un style agréable et coloré, aux dialogues souvent savoureux.

  • Ce cochon de Morin : rencontre amoureuse et légèreté de l’être
  • La folle : la guerre, l’homme, et sa cruauté
  • Pierrot : un chien victime la bêtise humaine
  • Farce normande : humour normand lors d’un mariage pittoresque
  • Les sabots : mœurs et amours au temps des maîtres et servantes
  • Aux champs : la misère et la tentation

et bien d’autres…

On peut lire l’ensemble des contes sur Wikipédia

Extrait :

Chez le vieux baron des Ravots qui ne pouvait plus chasser, une coutume existait, qu’on appelait le ” conte de la bécasse”. Lorsque chaque convive avait dégusté son oiseau, le cérémonial voulait qu’après avoir graissé toutes les têtes, le maître de maison tirât au sort celui qui seul aurait le privilège de s’en régaler. “L’élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait sur l’ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.

Illusions perdues

Auteur : Honoré de Balzac
1ère édition : De 1837 à 1843
Ma note :


Résumé

Lucien est poète. Il vit à Angoulème avec sa famille et son ami David Sechard, imprimeur.
Lucien tombe amoureux de Madame de Bargeton. Celle-ci l’invite dans ses soirées mondaines, afin qu’il puisse présenter publiquement ses recueils. Un jour, cette dame lui propose de monter à Paris, où il pourrait se faire connaître et devenir célèbre.
Malheureusement, arrivé dans la Capitale, Madame de Bargeton, la belle pimbêche, lui fait comprendre qu’elle ne veut plus le voir. Etant donné que Lucien ne fait pas partie de la bourgeoisie parisienne, il rencontre vite des difficultés financières et donc il lui est difficile de « bien paraître ». Pour tenter de sortir de ce cercle vicieux, il va devenir journaliste et gagner un peu d’argent avant la sortie de son livre. Finalement, c’est fauché qu’il doit revenir à Angoulême où la situation de sa famille s’est grandement dégradée. A cause de ses dépenses, sa famille et David Séchard ont dû faire face à beaucoup d’ennui…

Mon avis :
Classique de la littérature française, ce roman dépeint les moeurs sociales de l’époque. Ce roman est bien représentatif de l’écriture de Balzac : longues phrases, longues descriptions qui transmettent des connaissances encyclopédiques des thèmes abordés.
Pour les lecteurs peu familiarisés avec ce genre d’écriture, il est peut-être mieux de découvrir cet auteur avec des romans plus courts, pour ne pas être découragés dès le départ. Mais ce roman reste tout de même un incontournable.

Madame Bovary

Auteur : Gustave Flaubert
1ère édition : 1857
Ma note
Résumé

Voici un grand classique (ou plutôt romantique, si on parle du genre) incontournable, qui n’est pas barbant à lire (pour les plus réticent…)
Emma est une jeune femme, nourrie de romans à l’eau de rose où sont mis en scène des histoire d’amour, des drames, et une fin à la « ils vécurent heureux et eurent plein d’enfants… »
Et c’est justement ce genre de vie qu’elle espérait avoir en épousant Charles Bovary. Une vie trépidante, romantique à souhait, une passion débordante… Malheureusement, sa vie conjugale ne se passe pas vraiment comme elle l’imaginait. C’est juste une petite vie toute simple, mais pas comme on en lit dans ses romans préférés. Elle va donc tout mettre en oeuvre pour en changer et la rendre plus intéressante à ses yeux… mais faut-elle le bon choix ?

Mon avis
Ce roman raconte la vie d’une femme qui ne fait pas la distinction entre la vie et la fiction. Pour elle, le rêve fait partie de la réalité quotidienne, et bien évidemment, elle ne comprend pas pourquoi sa vie ne se déroule pas comme dans ses bouquins. Ce qui ressort de ce flou entre la « vraie vie » et le fiction, est bien sûr de la souffrance et de la tristesse.
Je vous conseille vivement ce bouquin, car il en est de ceux qu’on ne peut pas ne pas lire!

Le tour du monde en 80 jours

Auteur : Jules VERNE
1ère édition : 1873
Ma note :


Résumé
L’histoire débute à Londres, où vit un certain Philéas Fogg. De nature peu expansive et très poctuelle, notre personnage a une vie réglée comme du papier à musique. Passepartout, « majordome » français, entre au service de Fogg avec un grand enthousiasme. Après de longues années mouvementées, il est heureux de trouver une certaine stabilité auprès de cet homme. Malheureusement pour lui, un soir, alors que Fogg rentre de son Club, il apprend qu’ils sont en partance pour le tour du monde. Suite à une discussion, Fogg a pris le pari de faire le tour du monde en 80 jours.

Mon avis :
Ce roman fait partie des grands classiques de Jules Verne. À travers cette aventure, il est difficile de passer à côté de la passion de l’auteur pour tout ce qui a trait à la technologie et à la science. Transportés autour du monde, l’auteur décrit de nombreux moyens de locomotion parfois « habituels », parfois hors du commun. Le rapport au temps tient le lecteur en haleine et le suspense est alimenté jusqu’à la dernière page.
C’est une chouette aventure, qui donne envie d’en découvrir bien d’autres.

Pauline

Auteur: Alexandre Dumas
1ère édition : 1838
Ma note :

4ème de couverture :
« Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n’est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d’ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N’ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre: tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d’une agonie lente et douloureuse. Dans l’un et l’autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. »

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe. C’est un livre qu’il a écrit seul, et qui se déroule de son temps. La fiction brode sur les thèmes du roman gothique, en « noir », nuit, cottage en ruine, sentes perdues, passages secrets, brigands impitoyables, héroïne enterrée vivante, substitution de cadavres.

Pauline fait face à un bourreau mystérieux, « homme fatal». C’est le roman d’une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.

Mon avis :
Alors que la moitié de la blogosphère vient de lire ce livre dans le cadre du club des bloggueuses, j’ai pris l’idée chez Pauline, qui l’avait lu et apprécié. Ayant dévoré avec joie et bonheur Le Comte de Monte-Cristo vers 13 ans, son billet m’avait donné envie de lire à nouveau cet auteur prolifique. Dix-neuf ans plus tard, il était temps !

On nage ici en plein romantisme, légèrement teinté de gothique, où l’amour et l’action se partagent le récit. Dumas, le premier narrateur, rapporte le récit de son ami Alfred de Nerval. Ce dernier lui explique les circonstances qui l’ont amené à rencontrer Pauline, ainsi les conséquences de cette rencontre. Au milieu de tout cela, Pauline confie à Alfred les événements précédant cette rencontre. Une mise en abîme donc, pour parler clair et technique. Jeunesse et innocences malmenées, amours déçues, trahisons, duels et crimes parsèment cette histoire plaisante, facile et rapide à lire. Trop rapide à lire, hélas. Heureusement, Dumas a beaucoup écrit, et notamment des pavés…