Oliver Twist

Auteur : Charles Dickens
1ère édition : 1837
Ma note :

Résumé :
Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d’une noirceur concentrée. Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo. Créations de l’imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l’enfance ? Peut-être. Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. “Il n’y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l’enfance et le tableau de l’usine par Karl Marx”, remarque d’ailleurs le philosophe Alain. Il faut s’en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d’Oliver Twist.

Critique :
Tout d’abord je déconseille à quiconque souhaite découvrir Charles Dickens de lire la récente traduction abrégée parue chez Hachette Jeunesse, à l’occasion de la sortie du film de Polanski. Il ne s’agit que d’un résumé ignorant totalement le style de l’écrivain, destiné à un public très jeune. Si vous préférez par contre apprécier le mieux possible le style d’origine, l’édition du texte intégral en LivreDePoche est très satisfaisante (même si on ne comprend pas trop en quoi il est utile de traduire Oliver par Olivier lolll)
L’histoire est classique, poignante, les coïncidences qui vont déterminer le destin d’Oliver sont énormes, à la limite du risible, mais on pardonne facilement à Dickens tant il excèle dans l’art de nous dépeindre l’Angleterre du XIXème siècle, sa misère, sa société, avec une ironie très souvent désopilante. La caricature n’en est pas moins noire et sordide, même si, à mon sens, elle n’égale pas la noirceur des œuvres de Zola. Un classique à lire avec délectation.

Le père Goriot

Auteur : Honoré de Balzac
1ère édition : 1835
Ma note :

Résumé :
Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s’insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l’argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c’est que chaque palier de la pension Vauquer est devenu, un étage de ce que Balzac vient de concevoir : La Comédie humaine.

Mon avis :
Quatrième de couverture assez étrange vu que Lucien de Rubempré ne figure pas dans cet épisode de la Comédie Humaine et que Marsay est à peine évoqué. Sinon grand moment de la littérature. La société décrite avec tant de finesse par Balzac est très actuelle malgré le langage un peu désuet. L’hypocrisie, le mensonge, l’intéressement dans ce milieu bourgeaois et aisé parisien serait facilement transposable à notre époque. Il est agréable de relire un français impeccable et soigné, même du XIXème siècle. Le personnage du Père Goriot est énervant autant qu’il est touchant dans sa paternité bafouée. Que dire d’autre sur Balzac, si ce n’est qu’il fait parti des incontournables de la littérature ?

Voie sans issue

Auteur : Charles Dickens & Wilkie Collins
1ère édition : 1867
Ma note :

Résumé :
Quand un créateur d’ambiances et de personnages génial – Dickens – croise son talent avec celui d’un formidable inventeur d’intrigues – Wilkie Collins (La Dame en blanc, La Pierre de lune) -, cela donne Voie sans issue. Cette histoire très romanesque d’enfant abandonné retrouvé puis perdu à nouveau s’avère vite un roman d’énigmes “cavalcadant” comme on n’en fait – hélas – plus, et qu’un Dumas, pris aux sortilèges du polar, n’aurait pas désavoué. Émotions, frissons et passions sont au rendez-vous !

Mon avis :
Peut-être pas aussi renversant que le suggère le résumé mais certes inattendu ! Très agréable à lire (quelques heures suffisent) l’intrigue parait faussement simple dès le départ, mais le dénouement nous détrompe et nous prend par surprise. Les débuts du roman à énigmes, l’ancêtre du polar. Dickens et Collins furent des amis très proches durant de longues années. Collins est connu pour être le précurseur du roman de détective et aurait fortement inspiré Sir Arthur Conan Doyle pour les aventures de Sherlock Holmes. Ce livre m’a donné envie de découvrir d’autres romans de Wilkie Collins.

La dame en blanc

dame en blancAuteur: Wilkie Collins
Titre original : The woman in white
1ère édition : 1860
Ma note :

Quatrième de couverture :

Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens (roman publié ici pour la première fois en version intégrale). Il nous révèle une sorte de ” Hitchcock de la littérature ” : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances – rien n’y manque. Pourtant le chef-d’oeuvre de Collins n’a jamais cessé d’être dans les pays anglo-saxons un succès populaire : l’un des plus sûrs moyens, en tout cas, d’empêcher l’innocent lecteur de dormir.

Mon avis :
Je pensais mettre une semaine au moins pour lire ce pavé à l’écriture minuscule, que nenni !
J’ai dévoré cette brique de 554 pages ! Le style de Wilkie Collins est tout simplement délicieux, on plonge dans une autre époque, on redécouvre les moeurs d’une Angleterre victorienne passablement arriérée. Si l’histoire parait de prime abord assez simpliste, l’intrigue est habilement mise en place, le suspens et l’action prennent leur temps, les événements suivent leur cours à leur rythme. L’histoire est racontée par différents personnages et chacun a sa propre manière et son propre style. La noirceur du roman réside dans la psychologie des personnages et de la mentalité de l’époque. La perversité des relations humaines est illustrée à merveille par Collins. Le dénouement est certes prévisible mais c’est le déroulement des faits qui m’émerveille, plus que la solution de l’intrigue elle-même.
J’avais bien aimé Voie sans issue, écrit avec Charles Dickens, mais j’ai adoré La Dame en blanc.